Raphaël Les dernières années

posté le 6-10-2018

En 1513, Raffaello Sanzio da Urbino (1483-1520) n’a plus que sept ans à vivre. Son atelier fourmille alors d’une cinquantaine d’assistants et apprentis. Les commandes pleuvent. Les projets prestigieux, les collaborations de haute volée rythment le quotidien d’un peintre dont la renommée tient tout entière dans son prénom.

 

Avec élan et rigueur l’ouvrage Raphaël, les dernières années, coédité par Hazan et le musée du Louvre, retrace l’époque fertile et fébrile d’une production artistique que s’arrachent les princes et l’Eglise. L’atmosphère, les préoccupations de la Renaissance, la richesse des échanges entre pays du Sud et du Nord émaillent de page en page, un récit savant et accessible, documenté et alerte, mené par les historiens Tom Henry et Paul Joannides, A Rome, Raphaël n’est pas seulement peintre mais aussi théoricien de l’art, architecte de Saint-Pierre, urbaniste, spécialiste de l’Antiquité dont il recense les trésors. Ses disciples les plus proches, Giulio Romano et Giovanni Francesco Penni, l’épaulent en perpétuant une vision du monde dont la figure humaine est l’âme et le cœur. Des débuts du pontificat de Léon X (1513) jusqu’à la disparition de l’artiste, les toiles de Raphaël sont examinées, auscultées, mises en regard, à l’aune d’une société en plein bouleversement. Se dessine alors l’atmosphère de son atelier, l’émulation que suscite la présence dans la capitale vaticane du « monstre » Michel-Ange, son exact contemporain. Dans la chapelle Sixtine le trublion s’attèlera au plafond, tandis que le sage portraitiste se cantonnera aux cartons de tapisseries illustrant la vie de saint Paul. Sa couleur, la minutie de son modelé, la grâce expressive et distante de ses modèles offrent une lecture fine de la Renaissance que ne manqueront pas de s’approprier d’autres meneurs tels le Bernin, Rubens et Le Brun. Une belle approche des temps que l’on dit modernes.


Vermer

posté le 6-10-2018

Vermeer

Un artiste (Gilles Aillaud), un universitaire spécialiste de l’économie politique (John Michael Montias) ainsi qu’un historien de l’art (Albert Blankert) se penchent sur les mystères de cette peinture longtemps tombée dans l’oubli et redécouverte au XIXe siècle.

 

Peintre d’une intimité silencieuse, Johannes Vermeer (1632-1675) mêle à ses couleurs l’essence de son époque.

La diversité du regard de ces 3 spécialistes et de leurs analyses campe l’œuvre de Vermeer dans l’esprit et les réalités de son temps, un XVIIe siècle foisonnant ou toutes les frontières, bien que farouchement défendues, semblent perméables. L’invention d’une société nouvelle aux Pays-Bas est en marche, conquérante, dominant les mers, traversée des influences du sud et du Nord et des innovations que sciences et recherches lui ont apportées. L’œuvre de Vermeer s’en fait le reflet, en traduit la quintessence. Aussi, dans l’atmosphère ouatée d’une heureuse maisonnée, par le jeu savant de transparences délicates et d’éclats lumineux, une simple scène de genre - une dentelière à son ouvrage - est capable d’arrêter le cours des heures. Au-delà des siècles, par-delà les bouleversements de l’histoire et des hommes, une femme humble et tranquille s’applique à sa tâche, laborieuse et constante. Au-dehors, son pays vient de connaître un âge d’or que lui jalousent les puissances d’Europe. Mais Vermeer leur oppose avec franchise et simplicité, un bon sens aussi pragmatique qu’inspiré. Il vante par les gestes de sa jeune ouvrière les vertus d’un travail, indifférent à la rumeur des villes et des ports, poursuivi avec soin comme un chemin solitaire, construisant par lui-même sa paix et son harmonie.

 

Par des scènes ordinaires presque banales ou des paysages paisibles et ordonnés, qu’il ne cessera de camper dans ses tableaux, le maître de Delft traduit l’élan d’un XVIIe siècle avide de connaissance et de progrès, mais aussi d’ordre et d’élégance. Ses toiles possèdent la force et la douceur d’une musique de chambre, où la figure humaine reste le cœur de son sujet. Serein, poétique, émouvant, en regard des peintres du Nord et des héritiers du Caravage, Vermeer aura dans la minutie aigüe du détail, trouvé une forme hors du temps pour dire une sorte d’éternité humaine.

 

Le voile se lève alors, grâce à Gilles Aillaud sur la dimension philosophique de sa touche. John Michael Montias retrace avec minutie l’histoire et le contexte social de l’artiste. Et, Albert Blankert, quant à lui, explique l’originalité du peintre en regard de ses pairs. Un voyage dans la vie au XVIIe nourri pour mieux saisir la force et spiritualité de l’œuvre de Vermeer.C.A


Hiéronymus Cock Maître graveur de la renaissance

posté le 06-10-2018

Albrecht Dürer, Raphaël, Jérôme Bosch, Pieter Bruegel sont autant d’artistes que les graveurs ont fait connaître au-delà de leurs frontières. Aux quatre vents, une société d’édition anversoise moderne avant l’heure, fondée par le graveur Hiéronymus Cock  (1518-1570) et son épouse, traversera l’histoire des Pays-Bas en diffusant près de 2 000 estampes. Des images pieuses aux cartes géographiques, des interprétations subtiles de toiles de maîtres aux allégories monarchiques, l’art, l’esprit, le trait et le mouvement de la Renaissance laisseront dans les pays du Nord leur fragile et éloquente empreinte graphique. Près de 150 gravures d’exception – portraits, paysages, vues d’architectures et vestiges antiques – témoignent dans l’ouvrage publié au Fonds Mercator, de cette intense et prospère production, offrant une exploration des canons inspirés de l’Antiquité, des évolutions techniques visibles au fil des planches. Au-delà, elles révèlent une vision d’un monde nouveau, inventif et conquérant. Un magistral hommage au dessin.Je suis un paragraphe. Cliquez ici pour ajouter votre propre texte et me modifier.